• BATI TRADITIONNEL

    Toitures du Czallier cantalien

    Les toitures des constructions du Cantal racontent la fois la tradition, le climat et les caractristiques gologiques et gographiques du territoire. A dcouvrir toutes les originalits de ce (...)

  • AU VILLAGE DE LUSSAUD

    Confrence sur la statuaire religieuse du Cantal avec Pascale Moulier

    Jeudi 23 juillet, 15h l’’occasion du retour glise de Lussaud (commune de Laurie) des statues de Sainte Madeleine et de la Vierge de l’immacule conception aprs (...)

  • LES ECLATS DU CEZALLIER

    4 expositions pour oublier le confinement

    Dans la valle de la Sianne et ses abords, prenez le temps de visiter librement quatre expositions qui mettent en valeur le Czallier, la diversit de son patrimoine et le talent de ses artistes (...)

  • PARTENARIAT

    L ducation au patrimoine :
    pourquoi pas avec notre association ?

    Dans le cadre des plans acadmiques du patrimoine, l’Association Czallier valle de la Sianne peut apporter son concours des dispositifs afin de contribuer l’ducation au (...)

  • BENEVOLAT

    Participez des fouilles archologiques en septembre

    Deux sites archologiques proches de la valle de la Sianne vont faire l’objet de nouvelles prospections archologiques durant le mois de septembre. Les fouilles sont ouvertes aux (...)

  • ASSEMBLEE GENERALE 2020 (Reporte/confinement)

    Rapport d’activits 2019

    Notre association a continu en 2019 mettre en œuvre de nombreuses initiatives en revisitant les diffrents patrimoines des sept communes de notre territoire d’intervention. (...)

  • SUC DE LERMU

    Des fouilles rvlent des occupations humaines (2)

    Une opration de fouilles archologiques conduite en 2016 sur le sites du Suc de Lermu qui domine la valle de la Sianne a permis de mettre jour quatre occupations humaines dont la plus (...)

  • CHARMENSAC

    La Vierge de La Pironne

    La statuette de petite taille dite Vierge de La Pironne serait lie une simple source couverte au lieu-dit La Pironne, un village-ferme situ sur le plateau basaltique du Bru non loin du (...)

  • CHAPELLE SAINT JULIEN DE CHANET/ALLANCHE

    La croix processionnelle de Chanet

    Parmi les objets que possdait la vieille glise de saint Julien de Chanet, la croix processionnelle date du XVme sicle est d’un grand intrt car est l’un des rares tmoignages de (...)

  • MOLEDES

    Le maquis-relais du buron de Margemont

    Le buron de Margemont situ 1279 mtres d’altitude dans le Czallier sur la commune de Moldes fut durant quelques mois en 1944 un maquis-relais choisis par les Rsistants de Massiac la (...)


Patrimoine Le Sacré
A+  A-    Imprimer

L’imagerie mdivale religieuse

Afin de rendre comprhensible les principes chrtiens par toute la population en ce temps d’analphabtisme gnral des XII et XIIImes sicles, on demanda aux sculpteurs employs dans les glises de les illustrer leur manire. Majoritairement l’imagerie Romane s’est donc retrouve sur les difices religieux jusque dans les contres les plus excentres. C’est le cas exclusif de la valle de la Sianne qui ne comporte plus aucun btiment civil de cette poque, part la tour carre de Colombine (Moldes).

IMAGES DE PIERRE
Des glises rurales, tmoins de la socit romane
Des glises rurales, tmoins de la socit romane

Les diverses imageries de pierre, l’extrieur et l’intrieur des petits difices religieux sont dignes d’intrt car elles renseignent sur une priode de l’histoire locale. En tout cas, les sculptures encore visibles montrent que la petite valle de la Sianne ne fut pas en dehors du grand lan culturel et religieux qui a marqu l’Auvergne aprs l’an mille. Explications.

Le territoire de la valle de la Sianne n’est assurment pas le plus exceptionnel et le plus reprsentatif de l’Art Roman en Haute-Auvergne. Les glises rfrences du secteur sont de petits difices de village fortement remanis au cours des sicles qui n’ont jamais eu la magnificence de certaines glises rurales du Cantal o de la Haute-Loire toute proche, Blesle et Brioude notamment.
Les difices de la valle de la Sianne partiellement Roman sont l’glise Saint Nicolas d’Auriac, l’glise de l’Assomption de Laurie, l’glise saint-Lger de Moldes, l’glise saint-Caprais de Vze, la chapelle saint Julien de Chanet et une petite extension aux glises de Charmensac et Peyrusse dont une partie du territoire se prolonge dans la valle de la Sianne.

 

Tenir compte de l’poque

En histoire de l’art, la priode romane s’tend de 1030 la moiti du XIIme sicle. L’Art Roman regroupe aussi bien l’architecture que la sculpture ou la statuaire romane comme les Vierges en Majest (celle de Laurie en fait partie).
Pour comprendre les vestiges de l’imagerie Romane dans notre territoire, il convient de restituer l’poque. La population du XIme sicle tait craintive, crase par le monde qui l’entourait et les mystres de la vie et de la nature environnante. Mme la rflexion des gens cultivs tait marque par l’irrationnel et les fantasmes, les angoisses du lendemain expliquent les historiens du Moyen-Age. C’est pourquoi il faut regarder l’imagerie Romane comme le reflet d’une manire de vivre, de la situation sociale, conomique, politique et religieuse videmment une poque donne.

Art symbolique, le Roman marquait la naissance d’un style universel qui prendra un aspect particulier dans chaque rgion. En France, les historiens ont recens une bonne quinzaine de styles diffrents, mais toutefois avec une vraie unit, celle du mme sentiment religieux vhicul par le christianisme. Par ailleurs, la socit romane vivait en autarcie, ce qui explique aussi les caractristiques rgionales, notamment en Auvergne.

Art sacr avant tout, le Roman avait pour but de rpandre par les formes et les images le contenu de l’histoire sainte, aprs des sicles de dbats passionns au sein de l’Eglise catholique sur le bien fond des images. Jusqu’ l’an mille, o l’on commena tablir des reprsentations destines aux fidles.

L’imagerie Romane proposait une mise en ordre du monde en permettant chacun d’y retrouver ses proccupations essentielles : l’amour, le travail, les tentations, la fuite du temps, un sens de la vie dans le monde. La morale chrtienne proposait alors des repres pour le temps du chemin terrestre en attendant le Paradis.

Afin de rendre comprhensible par tous les principes chrtiens en ce temps d’analphabtisme gnral, on demanda aux sculpteurs employs dans les glises de les illustrer leur manire. Majoritairement l’imagerie Romane se retrouvait donc sur les difices religieux jusque dans les contres les plus excentres. C’est le cas exclusif de la valle de la Sianne qui ne comporte plus aucun btiment civil de cette poque, part la tour carre de Colombine (Moldes).

Pourquoi cette imagerie l’poque mdivale ?

Dans la socit mdivale, une grande majorit de la population ne savait ni lire ni crire. C’est ce qui a justifi les sculptures images pour l’enseignement de la religion catholique et l’aide spirituelle des fidles. La sculpture romane fut donc une bible de pierre pour ceux qui n’avaient pas accs aux textes. L’imagerie romane enseignait donc l’histoire sainte, servait de guide pour la vie quotidienne et la morale selon la vision chrtienne du moment. Elle rappelait aussi des pisodes de la vie du Christ, l’exemple des saints, voire de personnages ou seigneurs montrs en exemple. Le clerg, souvent mal form l’utilisait pour illustrer le sermon du dimanche.

L’imagerie ne recherchait pas seulement un effet esthtique, sont but tait bien ducatif. Les artistes mettaient en scne toujours des thmes de composition en fonction du public qui frquentait les lieux. Technique toujours essentielle aujourd’hui. Nos mdias n’ont rien invent.

L’imagerie mdivale,
la source de la culture visuelle contemporaine

Avec le XXIme sicle, nous sommes rsolument entrs dans une civilisation de l’image, accentue ces dernires annes par l’extraordinaire dveloppement des nouvelles technologies de l’image et de la communication.

Cette volution a l’avantage de nous rendre plus attentif aux rles et aux usages des images et des reprsentations dans les socits qui nous ont prcdes, des images qui font partie du patrimoine commun.
Dans la culture mdivale, la notion d’image s’appliquait aux objets figurs, aux langages, aux rves et aux visions. Tout tant galement caractris par des influences extrieures hrites de l’antiquit romaine, les importations byzantines et carolingiennes, et surtout le retour en force des images lies la religion et au culte chrtien. Les reprsentations sculpturales romanes ne visaient pas forcment au ralisme mais se conformaient aussi des codes symboliques pour prsenter l’absent ou l’invisible, notion trs prsente dans la foi catholique de toujours.

L’imagerie mdivale de nos glises rurales peut donc se rvler nos yeux d’aujourd’hui comme un lieu d’exprimentation des reprsentations du monde, des relations au divin et de mise en jeu des rapports sociaux de l’poque.
Cette culture visuelle du Moyen-Age qui nous parait si lointaine peut nous faire mieux comprendre ce qui nous rapproche et tout ce que notre culture contemporaine de l’image doit ces temps anciens, mais aussi tout ce qui nous spare de ce monde.

 

RECHERCHE DE SENS
Le symbolisme, caractristique de l’imagerie romane
Le symbolisme, caractristique de l’imagerie romane

Le symbolisme est l’une des caractristiques de l’imagerie Romane. Au-del de l’aspect ornemental, il tait essentiel pour les btisseurs d’glises que les fidles peroivent au mieux le message transmis par les sculptures de pierre. Les symboles n’taient pas forcment nouveaux. Ils taient riches de l’enseignement spirituel et culturel de civilisations disparues.

La priode mdivale s’est ainsi beaucoup inspire de l’antiquit, l’poque romaine, les mythes et traditions dus l’installation des peuples celtiques et germaniques, la socit carolingienne, les croisades…Car en fait, la symbolique traditionnelle est universelle. Le dragon par exemple possde la mme signification protectrice en Chine. Connatre ces symboles et le sens de l’architecture romane permet de mieux comprendre cette socit d’il y a 800 ans, ses certitudes, les lois et les dogmes qui organisaient la fois la vie en socit et la vie religieuse. Ainsi, mme avec de petits lments de la sculpture romane encore visibles sur notre territoire, c’est un prcieux tmoignage qui est offert notre comprhension.

Sens des chapiteaux dans l’architecture et l’imagerie

>Dans la construction d’une glise, le chapiteau a un rle important puisqu’il rcupre la pousse des arcs et une partie de la vote. Il subit donc une pression que le sculpteur devait prendre en compte.Cette soumission aux lois de l’architecture limitait la crativit. Les diffrences viendront alors des traditions locales, des comptences des sculpteurs et de la nature de la pierre. Le pilier roman est l’hritier naturel de la colonne antique. Les architectes se sont rappels des corbeilles ioniques et corinthiennes. Ils ont retraduit sur les chapiteaux l’art des parures.


La sculpture romane est donc d’abord un lment d’architecture. A l’intrieur de nos glises on le trouve essentiellement sur les chapiteaux. Mais les sculpteurs ne pouvaient ignorer, ni contourner les formes obliges. Leurs ciseaux ne pouvaient attaquer la pierre n’importe comment. Des difficults techniques et esthtiques limitaient leurs crativits.


Qu’importe, le sculpteur roman qui avait horreur du vide n’hsitera pas dformer ses personnages pour occuper les angles par exemple. Toutefois, il faut garder en mmoire que la figuration ornementale des motifs gomtriques ou vgtaux trs prsente dans l’imagerie mdivale avait aussi son importance car ils donnaient du rythme et de la dynamique aux symboles.


Le chapiteau histori aura t une spcialit Romane. Si les dcors sculpturaux des premiers sicles du deuxime millnaire encore visibles aujourd’hui restent pour beaucoup d’entre nous nigmatiques, il faut savoir qu’ils reprsentent un vrai lexique par l’image de la culture religieuse des 12 et 13me sicles. Le temps a videmment effac presque toute trace du code interprtatif de ce lexique qui peut nous paratre aujourd’hui trange et sduisant la fois. La priode gothique qui suivra, magnifie par les grandes cathdrales, dont il nous reste les chapelles latrales dans quasiment toutes les glises de notre territoire, ne connatra que des chapiteaux feuillages, mais surtout, l’imagerie sera dplace sur les vitraux. Un vrai changement de mentalit et de socit, et une autre faon de concevoir le sens d’une glise chrtienne.

Les modillons, un petit patrimoine savoureux

Les modillons sont un lment de l’architecture romane sur lesquels les artistes du Moyen-Age ont donn libre court leur imagination. Il se diffrencie du corbeau, pice en saillie destine porter une charge, trs frquente sur les anciennes maisons car il n’est pas sculpt. Ce qui frappe dans les modillons romans, y compris ceux de nos petites glises, c’est la richesse des thmes abords. Les scnes acrobatiques jouxtent les ornementations florales ou gomtriques, des reprsentations animalires ou monstrueuses, des thmes religieux ou moraux.


- L’acrobate, symbolise l’tape ultime de la spiritualit. Tous les membres sont touns vers le ciel, mais cette situation demande de la vigilance et de la persvrance.
- La vache, figuration extrmement frquente en Haute-Auvergne, mais exclusivement l’extrieur des difices sous la corniche. L’art populaire dans toute sa dmonstration. Prsente Auriac, Moldes et Vze.
- L’Atlante, personnage qui semble soutenir l’difice, symbole de l’Homme qui par son comportement est un lment essentiel de l’Eglise.
- Le Dragon, souvent un serpent ail grande queue pleine d’cailles. Il symbolise le combat qui a lieu l’intrieur de l’Homme. Il sort gnralement vainqueur.
- La feuille, symbole de renouveau et de vie. Le feuillage ne reprsente pas de plante dtermine, mais des lments styliss de la nature.
- Tresse ou torsade, ligne courbe sans rupture qui symbolise le pur et l’infini.
- Langue tire, symbolise la dsinvolture. Un bouche qui tire la langue se moque de celui qui coute la bonne parole car il sait qu’il y aura la rechute. La bouche dit ce qui est en nous.
- Masques humains ou monstrueux crachants ou suant des tiges ou des palmettes.
- Le griffon, ou lion, symbole de vigilance.
- Volute, symbolise l’nergie spirituelle naissante.

PROFUSION ET EXUBERANCE
La polychromie
La polychromie

Au Moyen-ge, tout tait peint. La couleur dans les glises permettait d’accentuer la sacralisation des lieux, une sorte de relais entre le monde visible et le monde invisible. Partielle ou totale, la polychromie ornait la majorit des murs et des sculptures romanes, perptuant en cela les pratiques de l’antiquit. La polychromie s’est teinte avec le noclassicisme qui avait cr le got du monochrome et au 18me sicle, architecture et sculptures furent blanchies.

Tous les spcialistes s’accordent pour expliquer que la polychromie romane n’tait pas le fruit du hasard. Les sculpteurs et les peintres travaillaient de concert. Toutefois, les artistes taient limits par la fabrication des couleurs constitues d’une prparation base de pigments. En couches paisses, elles taient choisies en fonction de significations prcises, lies aussi aux rites annuels de la vie de l’Eglise et des grandes ftes religieuses catholiques. . Le systme traditionnel antique des couleurs tait fond sur le noir, le blanc et le rouge explique les spcialistes. Il a volu partir du XIIme sicle en faisant place au bleu, au vert, puis aux autres couleurs.

- Le blanc, symbole de puret et couleur du passage (les vtements du Christ aprs sa rsurrection).

- Le bleu, C’est la plus profonde des couleurs, la plus immatrielle. Couleur du ciel et de la mer, c’est le chemin de l’infini. Le bleu est la couleur du bonheur. L’utilisation du bleu et du blanc, couleurs mariales, symboliseront la puret spirituelle et l’immensit de l’univers. Au Moyen-Age, comme dj dans l’antiquit, les votes des sanctuaires taient d’Azur et d’Or.

- L’or, symbole type de la richesse matrielle et de la lumire spirituelle. L’or est l’image de la perfection. Plus tard, le Baroque usera cette symbolique pour reprsenter le divin avec la dorure des Retables.

- L’orange, mi-chemin entre l’or et le rouge, cette couleur se retrouvait abondamment la priode romane car c’est l’expression de la foi constante en la misricorde divine.

- Le noir, peu utilis, mais symbole de la complmentarit du blanc puisque, de la nuit nat de nouvelles lumires. Dans le roman, le noir signifiait toujours l’ide du passage franchir ou en cours de franchissement.

- Le rouge, couleur fondamentale lie au principe de la vie, la rgnration de l’tre. C’est aussi la couleur de l’immortalit, de l’amour librateur et dans la religion catholique de l’Esprit Saint (flammches de la Pentecte). C’est la couleur de la rvlation de l’amour universel.

- Le jaune, cette couleur est la base du rituel chrtien. Il est le signe de la vie ternelle. Le jaune est trs souvent associ la puret du blanc.

- Le vert, pour les chrtiens, le vert est demeur l’esprance. Il symbolise les œuvres accomplies et par extension la charit. Couleur du rgne vgtal et des eaux rgnratrices. Symboliquement le vert a toujours eu une valeur mdiatrice entre la vie terrestre et la vie cleste.

- Le violet, symbole de spiritualit et de dvotion, de l’change perptuel entre le ciel et la terre. Signe de passage et d’un ternel recommencement. Au Moyen-Age les reprsentations du Christ lui attribuaient toujours pendant sa passion une robe violette.

Perdue au fil des sicles en ce qui concerne l’architecture, ce phnomne de la couleur a retrouv au 19me sicle un regain d’intrt dans les grands et les petits difices romans d’Auvergne. Le plus bel exemple tant l’abbatiale d’Issoire. Les glises rurales d’Auriac, Laurie et Moldes ont ainsi retrouv des couleurs sur les votes, les colonnes et les chapiteaux. Des couleurs dont les traces sont toujours visibles. (Voir fiche sur la polychromie du 18me sicle).

NEO ROMAN
Le retour la polychromie au 19me sicle
Le retour  la polychromie au 19me sicle

Trs en vogue dans les centres urbains au 19me sicle, les dcors peints ont aussi t trs populaires en milieu rural la mme poque. Les petits difices ont eux aussi bnficis de dcorations colores : motifs floraux, emblmes styliss.Les glises rurales d’Auriac, Laurie et Lussaud, Moldes et Charmensac ont ainsi retrouv des couleurs sur les votes, les colonnes et les chapiteaux. Des couleurs dont les traces sont toujours visibles.

DECORATION
La simplicit de l’imagerie populaire
La simplicit de l’imagerie populaire

La priode romane marque la fin de l’emploi en architecture des paralllogrammes ou portions de cylindres. Si la dcoration de billettes, boudins, motifs gomtriques existait dj sur les difices mrovingiens, c’est principalement pendant les XI et XIIme sicles que cette dcoration prendra une grande importance sur les btiments romans. Malgr leur simplicit ces petits lments participaient l’ornementation des bandeaux et corniches. On en trouve sur tous les difices religieux de la valle de la Sianne.

L’Art Roman, c’est aussi toute une srie de reprsentations symboliques notamment dans l’ornementation (billettes, croix, toile, carr, X, damier, boudin, flore…).

Les motifs gomtriques avaient pour but de montrer l’harmonie de l’univers cre par Dieu.

CULTURE ET SYMBOLES
Le bestiaire roman
Le bestiaire roman

Tout un bestiaire stylis, souvent fabuleux marque le style roman. Les animaux familiers font bien sr partie du dcor roman surtout dans nos campagnes. Les artistes ont puis leurs modles de modillons et de chapiteaux dans les bestiaires rels ou imaginaires avec les significations morales et religieuses de l’poque. Ceux qui sont parvenus jusqu’ nous restent des tmoignages prcieux des temps anciens.

Pourquoi tant d’animaux peuplent l’imagerie mdivale ? Il faut savoir que pendant le Moyen Age la description des animaux rels ou fabuleux de la cration fut trs en vogue. Ces bestiaires furent trs souvent emprunts aux auteurs de l’antiquit qui leurs donnaient dj un sens symbolique.
Les qualits et les dfauts de chaque animal taient prsents comme une figure de l’tat de l’me humaine, de ses vices ou de ses vertus, comme personnification de l’Eglise catholique ou mme de Jsus Christ. Du moment qu’il tait admis que les animaux avaient t crs pour l’homme et afin que l’tude de leurs moeurs fut pour lui un exemple, il ne faut pas s’tonner de voir sculpts divers types d’animaux destins rappeler les vertus que les populations devaient pratiquer ou les vices qu’elles devaient viter.
Au Moyen-ge, l’homme est au centre de toute chose sur la terre, et l’Eglise lui montre sans cesse cette vrit sur les monuments, petits et grands. Ces sculptures d’animaux, parfois tranges comme des caprices des sculpteurs, des bizarreries sans significations sont au contraire l’unit vers laquelle tendait la pense du Moyen-ge.
Les animaux, rels ou fantastiques, auxquels on attribuait de qualits si tranges vivaient dj dans les imaginations bien avant le christianisme. Les symboles et les bestiaires des cultures anciennes furent changs en symboles chrtiens.

SPIRITUALISATION
Les acrobates, tout le corps tourn vers le ciel
Les acrobates, tout le corps tourn vers le ciel

Le symbolisme, une expression de l’art et de la foi. Mme de nos jours, il est encore bien difficile de concevoir les religions dpouilles de symbolisme car il est une puissante expression de l’art et de la foi.. Il n’est pas surprenant que le christianisme a utilis une quantit prodigieuse de symboles forts. Pendant tout le Moyen-ge, cette soif de symboles donnait aux artistes de vastes champs investir.

Sur les modillons et les chapiteaux romans, les acrobates sont partout prsents et symbolisent l’tape ultime de la spiritualisation. Mais ceux qui ont atteint ce stade doivent rester vigilants.
Dans l’ide des sculpteurs, il s’agit de reprsenter la conversion intrieure, le nouvel quilibre apport par la foi chrtienne et la recherche du salut.
Dans toutes les civilisations les acrobates tiennent une place particulire dans l’imagerie et les aspirations. L’acrobatie symbolise l’envol vers une autre condition.

Sur le chapiteau de l’glise de Laurie (photo ci-contre),solidement camp sur ses jambes, l’acrobate s’accroche d’une main une branche (droite), de l’autre, il tient un bton horizontal qui occupe le centre de la corbeille. De ce bton tombe un lment indistinct, peut-tre un fruit.

Dans la pense romane chrtienne, le retournement est la gymnastique que chacun doit oprer pour trouver son salut et qui consiste amener vers le haut tout son tre. Les sculpteurs ont reprsent cette dmarche par des acrobates qui tournent leurs membres ou une partie de leur corps vers le ciel.
Se tenir les pieds, la cheville ou la jambe est le symbole du contrle de la marche vers le ciel. Dans l’art roman, c’est un degr lev de spiritualisation dont l’ultime tape est le retournement ou la conversion lorsque les membres infrieurs sont orients vers le ciel.

 

La foi demande vigilance et persvrance. La sculpture reprsentant l’acrobate en est le symbole

CULTURE MEDIEVALE
Quand le sacr et le profane font corps
Quand le sacr et le profane font corps

Dans la culture mdivale, il n’y avait pas de sparation entre le sacr et le profane. Toutes les reprsentations de la vie, de la conception du monde taient en Occident marques par la religion chrtienne. La sculpture romane, mme en milieu rural parlait donc de certaines attitudes, du diable, de mystres aussi...

Le modillon du pisseur
Ce modillon sous la corniche de l’glise de Peyrusse qui provient probablement de l’ancienne glise romane offre la scne d’un personnage masculin qui n’hsite pas offrir au regard ce qui est d’ordinaire cach.

Quel est donc le sens du modillon du pisseur ? Les imagiers romans recevaient des thmes religieux imposs pour sculpter les modillons et les chapiteaux. Mais ils devaient aussi avoir l’occasion d’exprimer d’autres proccupations, beaucoup plus proche des ralits quotidiennes.

Cette marge de libert que l’on dcouvre sur de nombreuses glises romanes offre quelques saisissantes figures ou positions, la plupart du temps l’extrieur des difices, permettant aux sculpteurs d’exprimer leurs fantaisie, humour ou gauloiserie.

Le diable, la manifestation du mal
Le diable est toujours prsent dans l’art roman. 

Le voici sur l’un des deux modillons de l’glise de Vze : facis grimaant et cornes bien en vue

Le diable symbolise toutes les forces qui affaiblissent la conscience de l’Humain. Il est la nuit par opposition Dieu, centre de lumire. Sa rduction frquente en forme grotesque manifeste symboliquement la chute de l’esprit. 

Tout le rle du diable est de dpossder l’Humain de la grce de Dieu pour le soumettre sa propre domination.Un appel lutter contre le mal.

C’est dans la sculpture du XIe sicle, en France, que le diable a commenc jouer un rle important. L’imagination des artistes s’est plue lui donner les figures les plus tranges et les plus hideuses : sous la forme d’un homme monstrueux, souvent pourvu d’ailes et de queue ou sous la forme d’animaux fantastiques. A l’glise deVze, il s’agit plutt de diablotins

Entrelacs ou figure symbolique 

Ce motif qui figure sous la corniche de l’glise d’Auriac, deux tigettes croises runies par un cercle (symbole fondamental) interroge. L’association de l’X, symbole du refus dans l’art roman, et du cercle, qui exprime le souffle de la divinit sans commencement ni fin, pourrait bien donner une autre signification ce modillon qui reste nigmatique.

Les entrelacs sont des motifs d’ornementation particulirement adopts pendant la priode mdivale, principalement sur les grands difices romans. Ce modillon sous la corniche de l’glise d’Auriac semblerait alors le dernier vestige de cette dcoration sur nos glises

EFFET ARCHITECTURAL
Le bouton, un petit plus pour le dcor roman
Le bouton, un petit plus pour le dcor roman

Le bouton est un singulier ornement dcoratif de sculpture frquemment employ dans la dcoration architecturale pendant le XIIme et le XIIIme sicle. Il est destin dcorer diffrents espaces l’intrieur o l’extrieur des difices romans. On le trouve sculpt de diffrentes formes sur les petits difices religieux de la valle de la Sianne.


Les boutons en relief sont runis comme des grains de chapelet courant le long du stylobate du choeur de l’glise Saint-Nicolas d’Auriac. Il prend la forme de petits mamelons qui ponctuent une arcature qui ceint galement le clocher.

On le retrouve aussi sur des modillons qui devaient autrefois porter des couleurs vives.

A la chapelle Saint-Julien de Chanet, le bouton en relief agrmente une archivolte de l’abside donnant au sombre difice la pierre nue un brin de fantaisie.

En fait, il s’agit l dune modeste ornementation pas si banale que cela car elle permettait de rompre la monotonie d’espaces sans figuration. Ce style architectural tait dj utilis dans les temples Grecs comme pidestal supportant les colonnes.


DECORS ET EDUCATION
Les chapiteaux historis, des images pour instruire (1)
Les chapiteaux historis, des images pour instruire (1)

Le chapiteau histori aura t une spcialit romane. Si les dcors sculpturaux des premiers sicles du deuxime millnaire encore visibles aujourd’hui restent pour beaucoup d’entre nous nigmatiques, il faut savoir qu’ils reprsentent un vrai lexique par l’image de la culture religieuse des 12 et 13me sicles. Le temps a videmment effac presque toute trace du code interprtatif de ce lexique qui peut nous paratre aujourd’hui trange et sduisant la fois.

Le personnage du barbu sur un chapiteau de l’glise de Vze, entre des boules aux angles avit tout son sens dans l’art roman. La barbe, c’est le symbole du vieil homme avec ses points faibles qui a beaucoup pch.

 

La priode gothique qui suivra le temps du roman, magnifie par les grandes cathdrales, dont il nous reste les chapelles latrales dans quasiment toutes les glises de notre territoire, ne connatra que des chapiteaux feuillages, mais surtout, l’imagerie sera dplace sur les vitraux. Un vrai changement de mentalit et de socit, et une autre faon de concevoir le sens d’une glise chrtienne.

 

.Chapiteaux aux feuillages styliss (Eglise de Laurie)

Chapiteaux aux feuillages d’angle spars par une tige (Chapelle de Chanet/Feydit)

 

EGLISE DE VEZE
Le portail roman de Saint-Pancrace
Le portail roman de Saint-Pancrace

Le portail de l’glise Saint-Pancrace de Vze est le seul porche du bas-Moyen-ge dans les difices de la valle de la Sianne. Ce portail roman trois voussures tmoigne des transformations de l’difice au cours des sicles. Il fut couvert en effet au XVme sicle par une vote sur croise d’ogives quadripartite gothique.

 Ce portail roman prsente des belles particularits :

- claveaux polychromes (pierres en forme de coin) disposs en plein cintre. Traditionnellement les constructeurs du Moyen-ge donnaient ces pierres tailles la mme forme et la mme dimension.
- archivolte polychrome obtenu par l’utilisation de tuf marron et de tuf clair qui adopte la courbe brise, dcore de perles et de petits motifs comme le trfle quatre feuilles et de petites pointes.
- deux consoles ttes humaines en trachyte peut-tre un ajout postrieur
- arcs orns de fines rainures

Le porche gothique ouvre en direction du sud par un arc bris cavets, (l de vote reprsentant l’agneau pascal) tandis que les parois maonnes  l’ouest et l’est sont dotes de tablettes formant des bancs latraux.

CINEMA
Chanet transfigure le temps d’un tournage
Chanet transfigure le temps d’un tournage

En 2001, pour les besoins du film de Pierre Jolivet « Le frre du guerrier », dont l’histoire se droule au XIIIme sicle, quelques scnes ont t tournes la chapelle de Chanet. Les dcorateurs sous la direction du Chef dcorateur du film Emilio Ghigo, ont reconstitu sur les vieux murs de l’difice des fresques romanes. Chanet transfigure le temps d’un tournage. Un dcor surprenant qui donne une ide de la polychromie dans les difices romans.

Dcor en carton pte plus vrai que nature dtruit aprs le tournage du film

PATRIMOINE

L’eau

La Sianne, notre rivire

Cascades : la magie de l’eau

Mmoire d’eau

Les abreuvoirs

Les sources ferrugineuses

Les puits

Les moulins de la valle de la Sianne

Les ponts de pierre

Les passages gu

Les passerelles primitives sur la Sianne

Les lavoirs du XXme sicle

Les meules des moulins

Les moulins hydrauliques

Les moulins rservoir

Les moulins de communauts villageoises

L’irrigation le long de la Sianne

Les fontaines

Les milieux humides

Les retenues travers la Sianne

Le pays

Les gens

Le plateau du Czallier

Sucs et volcans

Routes et chemins

Des sites et des lgendes

La faune

La flore

Sites d’intrt europen

Le paysage de la valle de la Sianne

Toponymie

Les grottes

Roches et rochers

Les communes et leurs villages

Mobilier et art populaire

Les Activits

La production du miel

Les charbonnires

L’estive sur le Czallier Cantalien

Les mines

Traditions culinaires

Objets et machines

Activits traditionnelles

Les Palhs

Le ferrage des animaux

Les fours chaux

L’levage du mouton

La vie scolaire

Le travail agricole

Les prs-vergers

Le portage

Les activits itinrantes

L’usage du feu dans la maison traditionnelle

L’eau dans la salle commune

Le temps du couchage

Ranger et conserver

La conscription

Production laitire

Modes de vie

Manger en commun

Le Bti

Les maisons de berger

Les abris colombins

Les fermes traditionnelles

Les chteaux

Les maisons fortes

Les maisons d’coles

Les abris vernaculaires

Les symboles sur le bti ancien

Les fours pain communaux

Burons du Czallier oriental

Les petits btiments d’levage

Les toitures du Czallier cantalien

Les murets en pierre sche

Les sols en pierre

Les fours pain privatifs

Maisons paysannes du Czallier

Le Sacr

La Rsistance (39-45)

Les glises

Les chapelles

Les retables

Cloches et clochers

Les plerinages Laurie et au Bru de Charmensac

Les vitraux religieux

Les Tumulus

Les cimetires communaux

Les monuments aux morts

Objets du culte catholique

La statuaire des glises

Les bannires
de procession

Les oratoires

Les vtements liturgiques

L’imagerie mdivale religieuse

Les objets de pit

Des pratiques religieuses collectives

Les autels en marbre blanc

Les reliquaires