Les abreuvoirs
Le bétail a besoin d’une grande quantité d’eau. Le territoire du Cézallier possède différents types d’abreuvoirs, en bois, en pierre, en ciment. Ils restent les témoins des pratiques agropastorales selon les époques.
Le Cézallier est un territoire de Haute-Auvergne historiquement marquée par l’élevage. Les abreuvoirs étaient donc indispensables pour le bétail qui avait besoin d’une grande quantité d’eau. Les troupeaux, notamment de vaches et de moutons, s’y arrêtaient régulièrement pour se désaltérer. Cela facilitait la gestion des animaux et permettait aux paysans de ne pas dépendre uniquement des cours d’eau ou des puits.

Bac réservé aux vaches au hameau d’Escrouzet (Molèdes)
Les abreuvoirs traditionnels jouaient un rôle essentiel dans la vie quotidienne des habitants et de leur bétail. Ces structures, souvent en pierre ou en bois pour les plus anciens, étaient installées près des sources, des fontaines et parfois associées à des lavoirs dans les villages. Ces lieux étaient particulièrement animés lorsque les paysans amenaient leurs bêtes à boire.
Les abreuvoirs présentent une diversité architecturale qui reflète l’histoire et les matériaux disponibles notre région. Au fil du temps le ciment a remplacé la pierre ou le bois.
Les traditionnels abreuvoirs en bois étaient creusés dans un tronc d’arbre (hêtre). Ces abreuvoir travaillés à l’herminette par les paysans ont quasiment disparu de notre région. Quelques spécimens très anciens en mauvais état sont toutefois encore utilisés.

Bac en bois toujours en fonction au hameau de Sagne (Anzat-le-Luguet)
Les archives municipales de Molèdes nous apprennent que la réalisation d’un abreuvoir en bois n’était pas aussi simple que celà, à une époque où la "coupe du bois était strictement limitée" pour les parcelles des communaux.
Ainsi, le 22 janvier 1928 les habitants du hameau de Luzargues demandent à la mairie la délivrance d’un arbre, essence de hêtre de 40 centimètres de diamètre, existant dans la coupe de 1927 pour la confection d’un bac.
Lors de la séance du Conseil municipal du 19 décembre 1937 le maire transmet la demande des habitants de la section de Molèdes sollicitant de l’Inspecteur des Eaux et Forêts la coupe d’un arbre dans la réserve de la coupe de Molèdes, canton du Saut, cet arbre étant destiné à confectionner un bac-abreuvoir. Demande fut évidemment acceptée par la Conseil municipal et puis par l’Inspecteur.

Plutôt de forme rectangulaire dans notre région, les anciens abreuvoirs sont taillés dans un monolithe de pierre ou assemblés en pierre de taille cerclée (granite, andésite, basalte de taille).

L’Auvergne étant une région volcanique, de nombreux abreuvoirs sont construits dans un bloc en pierre de lave ou en basalte leur donnant une apparence sombre. Ces matériaux robustes permettaient une grande durabilité. Ils offrent une grande résistance aux intempéries et une patine naturelle qui s’intègre parfaitement aux paysages ruraux. Ces abreuvoirs taillés à la main témoignent du savoir-faire artisanal et de l’importance de ces éléments dans la vie agricole d’autrefois.

Pour abreuver les troupeaux importants, notamment lorsqu’ils sont rassemblés dans les hameaux, les bacs se superposaient en cascade. Cet ensemble hydraulique, souvent sommaire, mais efficace, reste encore un élément indispensable de nos zones agricoles.
Là où les animaux ne peuvent pas accéder aux ruisseaux ou dans la Sianne, des points d’eau ont été aménagés par les agriculteurs. Et sur les Estives les sources sont désormais aménagées.
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