Sources et fontaines à dévotion
Un certain nombre de fontaines et de sources du Cézallier sont chargées de spiritualité et d’histoire. Souvent liées à des légendes et à des saints chrétiens, elles reflètent la richesse de l’histoire religieuse du territoire. Signalons la fontaine du Roulier à Laurie, la fontaine saint-Léon à Saint-Etienne-sur-Blesle, la source de la Pironnet à Charmensac, la fontaine de sainte Natalène à Blesle...
Les sources depuis les temps les plus reculés appartiennent d’abord aux religions primitives et ont toujours fait l’objet de croyances et surtout exercées une grande attirance sur les êtres humains. Depuis l’époque romaine (temple des eaux aux Veyrines de Landeyrat) l’eau a toujours été considérée comme symbole de vie et de purification. Le christianisme n’a pas aboli les anciens cultes des fontaines mais il l’a christianisé par la consécration à la Vierge Marie, un saint ou une sainte que l’on prie pour obtenir une guérison, une protection, un soutien…
Le Cézallier conserve encore plusieurs de ces lieux anciens qui offrent une diversité de rites et de patronages. S’y rendre connecte le visiteur à une histoire ancienne vécu par les populations rurales pendant plusieurs siècles.
La Haute-Auvergne regorge de fontaines ou sources à dévotion souvent associées à des croyances populaires ou des traditions très anciennes où l’eau était perçue comme un élément sacré et puissant capable de purifier, de soigner…Elles furent associées à des rituels impliquant des offrandes ou des prières.
L’eau, qu’elle vienne du ciel ou de la terre est indispensable à la vie. Son absence prolongée inquiète et son excès peut également faire peur.
Tout aurait commencé au 13ème siècle. La tradition orale recueillie en 1646 par Jacques Branche Prieur du couvent de Prébac raconte dans son livre sur les pèlerinages en Auvergne qu’une statue de la Vierge était honorée depuis un certain temps à la résurgence d’une source au lieu-dit le Martulet située entre les hameaux de Fouillère et la Coharde-Basse à 1200m d’altitude sur la commune de Laurie.
Ainsi, à Laurie, comme dans la plupart des antiques pèlerinages chrétiens à la Vierge Marie, le culte marial est sorti d’une source.
Plus tard la statue aurait été mystérieusement transportée à la fontaine du Roulier dans une niche bâtie près de la source sur le bord de la route du bourg entre le hameau de Jureuge et la petite église du village.
Depuis sa découverte à la source du Martulet, la statue de la Vierge a connu trois lieux de vénération, de traditions et d’expression de foi. A une date indéterminée, et pour faciliter les dévotions à la Vierge la statue fut transférée dans l’église de Laurie où elle se trouve toujours. Le pèlerinage issu d’un vœux des habitants de Blesle en 1318 se tient toujours le lundi de Pentecôte.

La source historique du Martulet où aurait été découverte la statue de la Vierge en majesté (XIème)
A l’arrière de la ferme de la Pironnet (Charmensac), en plein champs aujourd’hui, affleure presque au sol la fontaine de la Dame de La Pironnet. Elle abritait autrefois une petite statuette de la Vierge Marie probablement du 17ème siècle selon son style, aujourd’hui conservée aux archives de la Mairie du village.
La tradition locale rapporte que par les temps de sécheresse la statue était transportée en procession à la source pour y être plongée afin de faire venir la pluie.

La fontaine Sainte-Natalène se trouve au nord de Blesle, derrière les maisons de la place du Vallat, au bas de la montagne. Elle est liée à la légende de Sainte Natalène, une martyre du IVe siècle dont le corps aurait été transporté en Auvergne. Selon la tradition, une source aurait jailli à l’endroit où son corps fut déposé, donnant naissance à cette fontaine.
Aujourd’hui, la fontaine située sur le bord du chemin des Fontilles, est une sorte de citerne dans laquelle l’eau présente en petite quantité sort d’une concrétion calcaire et ne tarit jamais.
Sainte Natalène était célébrée le 5 novembre avec une autre commémoration le 12 dédiée à l’invention de ses reliques. Son culte faisait l’objet un pèlerinage très suivi jusqu’à la Révolution. La sainte était invoquée notamment contre les calamités : incendie, grêle et sécheresse…
A Blesle et dans toute la région son culte était très populaire. Beaucoup d’enfants recevaient ce prénom à leur naissance. Sa chasse comportant ses reliques est visible dans l’Abbatiale Saint Pierre de Blesle.
Aujourd’hui, la source est tombée dans l’oubli. Elle est toujours accessible.

Située sur la rive droite de la rivière Voireuse, un peu au-dessus du chemin reliant le Cheylat à Saint-Etiennne-sur-Blesle se trouve la source dédiée à Saint-Léon, un saint ermite du neuvième siècle de notre ère qui fréquentait cette source. Après sa mort en 970 la source devint sacrée et l’objet de miracles. L’eau avait la particularité d’agir sur la marche des enfants.
Cette fontaine bâtie en pierre supporte une voûte. Dans le mur du fond une petite ouverture laisse passer l’eau de la source bienfaisante. Sur les murs latéraux deux niches abritaient autrefois des statues du saint homme. Ses reliques ont été dérobées au 11ème siècle.

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