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SUR LE PLATEAU DU BRU

Jour de labour avec les boeufs

Le travail du sol est la première activité agricole de l’automne qui ouvre la terre pour recevoir l’ensemencement ou les plantations. Depuis le début du 20ème siècle le labour a bénéficié de nombreuses innovations techniques. André, fils de paysan raconte la pratique ancestrale du labour avec charrue et attelage de boeufs sur le plateau du Bru de Charmensac.

"Une journée de labour commençait très tôt car le travail se faisait lentement au rythme des bœufs. Tout d’abord il fallait lier les bœufs au joug. On en détachait un seul de sa crèche. Il s’avançait entre les portes de l’étable dès qu’on commençait à l’attacher au joug avec les courroies. Ensuite on allait chercher le second bœuf qui déjà s’avançait docilement à côté de son compère qui redressait la tête pour lui permettre de passer la sienne dans le joug . On liait alors définitivement les deux animaux.

Si l’on commençait le labour d’un champ, il fallait charger la charrue ou le brabant dans un tombereau pour son transport depuis la ferme . On n’oubliait pas la portion de foin pour nourrir les bœufs pendant la pause mis dans un drap ( le bourra) noué avec ses quatre coins . Il ne fallait pas non plus oublier la chaîne (trinier) qui servirait à extraire les pierres soulevées au cours du labour . Le sac pour le casse-croûte du matin et tout était prêt pour une journée de labour sur le plateau du Bru (Commune de Charmensac).

Arrivé au champ, déchargement de la charrue, attelage des bœufs et commencement de la raie avec la charrue guidée par le laboureur à l’aide de ses manches pour que la raie soit le plus droite possible. Parfois un réglage était nécessaire pour que la charrue retourne la largeur ou la profondeur de terre voulue. C’était plus facile avec la charrue de type brabant car elle possédait deux roues à l’avant qui la stabilisait .

Parfois le soc de la charrue accrochait une pierre ou un rocher . Les bœufs s’arrêtaient . Si la pierre était trop grosse, le laboureur soulevait l’arrière de la charrue, les bœufs avançaient au commandement et il reposait la charrue après la pierre . Si la pierre était déplaçable le paysan reviendrait plus tard et à l’aide de sa chaîne ou du traîneau à céréales il l’emmènerait en bordure de son champ ( c’est ainsi que l’on voit parfois des tas de pierre aux environs des champs) cela lui permettrait aussi de compléter le mur bordant son champ comme l’avaient fait ses ancêtres.

Arrivé au bout de la raie, les bœufs devaient être dirigés pour faire demi-tour ; retourner le soc de la charrue si celle-ci était réversible et l’attelage repartait dans l’autre sens . Si la charrue ne possédait qu’un soc on faisait du labour en planche ; c’est à dire que l’on tournait autour de la première raie que l’on avait creusée au milieu de la surface à labourer . Dans un champ il pouvait y avoir plusieurs planches . On remarque, au soleil couchant, les vestiges de ces anciens labours abandonnés où on distingue des mini vagues .

Le laboureur était suivi par son chien qui ne manquait pas de dévorer les souris s’échappant de la terre retournée ; c’était aussi le cas des rapaces prompts à s’abattre sur les mulots s’échappant des raies .

A midi l’épouse ou quelqu’un de la ferme apportait le repas (l’esparti) dans un panier . Les bœufs en profitaient pour souffler un peu et manger le foin apporté le matin

Si le laboureur était aussi chasseur, en partant le matin il prenait son fusil en bandoulière . Cela lui permettrait de tirer en automne les pigeons ramiers qui migraient mais aussi plus tard dans la saison les lièvres qui avaient gîté dans les raies déjà réalisées à l’abri des premières gelées".

André Thomas