• DESTINATION

    Le Czallier, la nature, les grands espaces...

    Le Czallier, paradis des formes et des couleurs...un territoire unique en France, fabuleusement attirant. A dcouvrir cet t

  • ALLANCHE

    Le monument de l’estive (1996)

    Install depuis le 1996 sur la place du Czallier d’Allanche, une sculpture de pierre, oeuvre du sculpteur auvergnat Jean Chauchard, voque la force tranquille de la vache rouge et son (...)

  • ESTIVALES 2021

    10 animations patrimoine au coeur de notre territoire d’Auvergne

    Pour fter nos retrouvailles aprs les confinements et pour les 20 ans de l’association Czallier valle de la Sianne, 10 initiatives patrimoniales sont proposes du 17 juillet au 17 aot (...)

  • RETROSPECTIVE GEANTE

    20 ans de l’association : l’exposition sur le patrimoine qu’on va nous envier !

    L’exposition gante rassemblera pour l’unique fois du 17 juillet au 8 aot des milliers de photos sur la fabuleuse diversit du patrimoine du Czallier et de la valle de la Sianne. (...)

  • TOUJOURS EN DEBAT

    Le Czallier : massif ou montagne ?

    C’est partir du 18me sicle que le Czallier est la fois prsent par les scientifiques, les administrateurs et les crivains comme massif ou comme montagne. Les cartes du dbut du (...)

  • VEZE

    Le moulin du hameau de Chazelou

    Ce petit moulin du 18me sicle sur le bord des Estives, a l’abandon au milieu des broussailles, est le tmoin des petites constructions difies pour les besoins communautaires. Situ en (...)

  • EGLISE DE VEZE

    Le retable en faux-semblant

    Au moment de la dpose du rtable baroque du XVIIme sicle en 2006, afin de bnficier d’une totale restauration, diffrents dcors peints sur le mur et la vote du choeur sont apparus au (...)

  • HAUTES-TERRES COMMUNAUTES

    Prochaine restauration du petit patrimoine

    38 lments architecturaux de nos villages dont 8 sur le secteur Czallier-Valle de la Sianne vont bnficier d’une restauration. Hautes-Terres Communauts vient de lancer un march public (...)

  • ARCHEOLOGIE

    La difficile datation des tumulus protohistoriques

    Les dcouvertes archologiques de la valle de la Sianne ont normment contribu tablir les tapes chronologiques d’utilisation des tertres funraires en Haute-Auvergne, notamment  (...)

  • CHARMENSAC

    L’habitat du lieu-dit "La Richard"

    Le hameau de" La Richard" situ 966m d’altitude se trouve peu de distance au nord-ouest du bourg de Charmensac. Celui-ci est implant en bordure du versant abrupt qui domine la valle (...)


LES DERNIERES MISE EN LIGNE

A+  A-    Imprimer

TOUJOURS EN DEBAT

Le Czallier : massif ou montagne ?

C’est partir du 18me sicle que le Czallier est la fois prsent par les scientifiques, les administrateurs et les crivains comme massif ou comme montagne. Les cartes du dbut du XXme sicle prendront acte de la dnomination du Czallier comme massif. Le nom Czallier est dornavant inscrit dans la nomenclature gographique du Massif Central. Dfinitivement sans doute.

En 1929, Philippe Arbos, qui l’on doit plusieurs tudes de gographie humaine dans les montagnes d’Auvergne, crit dans la trs srieuse revue « Les Annales de Gographie », un article sur le nom du Massif Czallier, qui reprenait notamment, des travaux de Matre Segret, notaire Blesle.

Les interprtations entre massif et montagne pour parler, dcrire ou situer le Czallier ne date pas d’aujourd’hui. Au dbut du XXme sicle, le nom de Czallier ne figurait pas encore sur la carte de l’Etat-Major (nomme ainsi en rfrence aux officiers de l’Etat-Major qui ont ralis les levs la fin du 19me sicle), elle mentionnait simplement le Signal du Luguet, baptisant ainsi le point culminant du nom du hameau du Luguet.

Par contre, la carte de France portait « les Monts du Czallier » tout en reprenant le nom de Luguet pour l’appliquer non un sommet mais une rgion. Cette carte distinguait en effet dans l’ensemble du massif communment appel Czallier, l’ouest, des Monts Czallier entre la rivire d’Allanche et de la Sianne, l’Est des Monts du Luguet, entre la Sianne et l’Alagnon.

C’est cette conception qui a t reprise par l’Atlas Universel de Vivien de Saint Martin et Schrader (est-ce le premier atlas universel a l’expliquer). Les Monts Czallier correspondent ainsi la partie purement volcanique, les Monts du Luguet aux plateaux cristallins en partie seulement recouverts de lave.

Identification pas si vidente toutefois, car, pour les habitants de la rgion, interrogs aprs Premire Guerre Mondiale, le Luguet dsigne simplement le hameau du Luguet. Quand au mot Czallier, c’est pour eux le sommet au-dessus d’Anzat, c’est la montagne dominante du secteur.
Ainsi, l’usage populaire ne connaissait ni une rgion du Czallier, ni une rgion du Luguet. Ce sont donc les cartographes et gographes qui ont donn une extension au nom de Czallier, dont ils ont fait un massif, alors que traditionnellement il est un sommet. Dpouill de son appellation exacte, ils ont impos la dnomination du Luguet.

Les cartographes, estime Philippe Arbos, ont sans doute fait une erreur au dbut du XXme sicle la suite probable d’une confusion sur le sens du mot « montagne » employ dans notre rgion d’Auvergne. Les gens du pays ont d parler aux oprateurs de la carte de « la montagne du Czallier » entendue comme une montagne pastorale et les oprateurs l’ont prise pour un accident de relief. Depuis, le nom Czallier est inscrit dans la nomenclature gographique du Massif Central. Dfinitivement sans doute.

CHRONOLOGIE D’UNE INTERPRETATION

- 18me sicle   : l’expression « Montagne du Luguet » est applique la partie occidentale du massif, d’origine fodale, le chteau se dressait au-dessus du village du Luguet qui dpendait du duch des Mercoeur. Cette « Terre du Luguet » s’tendait travers les hauts-plateaux basaltiques jusqu’ leur versant mridional et englobait Marcenat.

- 1750  : la carte de Cassini introduit la « Montagne du Czallier » dans la nomenclature gographique. Elle figure cette montagne sous la forme d’une arte qui part l’Est de la vacherie de Barbesche, correspondant aujourd’hui aux burons d’Anzat-le-Luguet, et s’en va vers l’Ouest-Sud-Sud-Ouest jusque vers Chaubasse . Elle est comprise entre le ruisseau de Saillant au Nord connu pour sa clbre cascade, et au Sud les ttes de rivire allant Allanche, Vze, Leyvaux, Anzat.

- 1765  : Personnage central de l’Administration royale Monsieur de Ballainvilliers, intendant d’Auvergne (1758-1767), dans sa prsentation de l’tat de l’Auvergne au contrleur des finances crit que la Couze d’Ardes, qui nat dans la partie occidentale de notre Czallier, prend sa source « dans les montagnes du Luguet ».

- 1786   : la carte chorographique (rgion par rgion) de la gnralit d’Auvergne, dresse par Dezauche et Dulaure de l’Acadmie royale des sciences, dsigne sous l’expression « Montagne du Czallier » une chine allonge du Nord-Ouest au Sud-Ouest, d’Artout vers Marcenat ce qui correspond tout la zone du Signal du Luguet, Chamaroux, Mongreleix.

- 1822   : la nouvelle carte de France dresse par L. Capitaine pour le bureau de cartographie de l’Arme franaise (dnomm Dpt de la guerre jusqu’en 1887), rpte la vision gographique de Dezauche et Dulaure.

- 1824   : La premire dition du clbre Dictionnaire statistique du Cantal de monsieur Deribier du Chatelet, reprsente le Czallier comme « une chane de montagnes gazonnes qui occupe la partie orientale du canton de Marcenat, se prolonge jusqu’au dpartement du Puy-de-Dme et se rattache celle du Luguet.

- 1843  : le capitaine Rozet qui a tudi la rgion dans son mmoire sur les volcans d’Auvergne avec une carte gologique de l’Auvergne, ne spare pas nettement du Czallier les pentes qui en descendent vers l’Est.

- 1857  : La deuxime dition du Dictionnaire statistique du Cantal, revu et augment par l’Association Cantalienne d’Aurillac, prcise que les hauteurs du Czallier se trouvent dans la rgion de Marcenat et que les montagnes du Luguet, qu’on doit rattacher ce massif, s’tendent du Nord au Sud vers les cantons d’Allanche, de Massiac, et dans le Puy-de-Dme.

- 1861  : Henri Lecoq, dans son Atlas gologique du Puy-de-Dme, inscrit le Czallier comme point trigonomtrique (relations entre distances et angles) de la carte d’Etat-Major. En 1867, il se contredit dans son tude intitule « Epoques gologiques de l’Auvergne », quand il parle du Czallier comme d’un sommet. Mais dans son livre « L’eau sur le Plateau central » en 1871, il le traite comme un massif.

- 1866   : L’tude de monsieur Poulett-Scrope sur la gologie et les volcans teints du centre de la France dfinit le domaine du Czallier « district vaste et dsol », comme un plateau lev et massif qui spare les eaux de la Dordogne de celles de l’Allier.

- 1894   : Dans son histoire d’Auvergne, le Chamoine Pierre Audigier numre « parmi les grandes montagnes qu’on trouve en Auvergne celles du Luguet entre Ardes et Allanche ».

- 1995  : un texte de Guy Kieffer, de l’Universit Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, sur les volcans d’Auvergne, indique que le Czallier correspond, entre les Monts Dore et le Cantal, une large galette de lave de 35 km de longueur pour une largueur d’une quinzaine de km. Son point culminant est le Signal du Luguet. Il reconnat que cette limite dsormais admise est mal dfinie. Le Parc des Volcans d’Auvergne situe les volcans dans cinq secteurs de l’Auvergne : la Chane des Puys, la Limagne, le Czallier, les Monts Dore, le Cantal.